La technopédagogie, la pédagogie ou la conception de formation sont peut-être des termes que vous avez déjà entendus. Mais, concrètement il est parfois difficile d’imaginer ce que font les professionnels du domaine et quelle est leur expertise. Je vous avoue que moi-même avant d’étudier dans ce domaine, je me demandais réellement si la pédagogie était utile ou si c’était seulement du « pelletage de nuages ». En m’intéressant à ce secteur, je ne pouvais pas me douter à quel point cette profession me comblerait et me permettrait d’en apprendre autant sur des sujets les plus diversifiés.

Dans les différentes jobs que j’ai eues, la conception de formation ou la technopédagogie est de loin, celle qui génère le plus de confusion lorsqu’on me pose la question classique : « Qu’est-ce que tu fais comme travail ? ».  On s’entend que ce n’est jamais le genre de job qu’un enfant va nommer quand on lui demande ce qu’il veut faire plus tard : Professeur ? Oui ! Chanteur ? Oui ! Astronaute ? Oui ! Concepteur pédagogique/conseiller en formation/technopédagogue… euh… Silence radio !

Le travail d’un concepteur de formation est pourtant très utile et il peut grandement aider toutes les organisations qui offrent de la formation. En général, mon rôle est de trouver quelle est la meilleure façon d’enseigner un contenu et de mettre ces stratégies pédagogiques en place.

Souvent, on a l’impression que parce qu’on enseigne, les personnes vont naturellement apprendre. Dans la réalité, cette équation qui semble pourtant si simple est loin d’être un gage de succès. En fait, il existe tellement de méthodes d’enseigner et le choix de cette méthode est intrinsèquement lié au contenu à enseigner. Les stratégies pédagogiques efficaces peuvent s’avérer très différentes si on veut enseigner une norme très théorique ou une procédure plutôt pratique. Aussi, l’ajout des technologies vient complexifier la situation. Qu’est-ce qui sera le plus efficace : faire une formation en ligne (e-learning), opter pour une formation présentielle (en classe) ou hybride (un mixte des deux) ? Le choix de la méthode de diffusion n’est pas un élément à prendre à la légère puisqu’il y a un nombre important de variables à considérer. Par exemple, est-ce que les apprenants ont accès à un environnement informatique ? Est-ce qu’ils sont à l’aise à utiliser un ordinateur, une tablette ou encore leur téléphone intelligent ? Est-ce qu’il y a des procédures très techniques à enseigner qui nécessitent un aspect plus pratique ? Combien de personnes doivent être formées ? Est-ce que la formation doit être accessible en tout temps et en tous lieux ? Quel est le budget disponible ? Voici un exemple de quelques questions que le concepteur de formation devrait poser pour trouver quel sera le moyen de diffusion le plus efficace.

Au moment de procéder au choix des stratégies pédagogiques ou des activités de formation à concevoir et à implanter, on se lance dans le même type de série de questions. Quand je parle d’une stratégie pédagogique, on peut penser notamment à une étude de cas, une capsule vidéo ou un exercice pratique dans un contexte similaire à l’environnement réel de travail ou d’exercice de la fonction pour laquelle on veut former une personne. Bref, dans le rôle du concepteur de formation, il y a beaucoup d’analyse à faire. Là, j’entends déjà certains d’entre vous me dire : « C’est bien beau l’analyse, mais on perd du temps et pendant ce temps-là on n’avance pas le projet de formation et on gaspille plein d’argent en analyse ». Je comprends que certaines personnes puissent avoir ce point de vue, mais concrètement on est loin de faire du gaspillage. En fait, le travail d’analyse permet d’économiser beaucoup de temps et d’argent puisqu’on évite de travailler sur des contenus qui ne seront pas utilisés. Il y a aussi la possibilité de réduire l’analyse au maximum pour proposer rapidement des solutions et même faire des prototypes. C’est ce qu’on appelle le prototypage rapide. L’idée est de donner une image très concrète au client afin qu’il puisse mieux comprendre et visualiser la solution proposée. Cette façon de procéder aide généralement à préciser ce que le client souhaite obtenir comme solution de formation.

Dans un processus de conception de formation, il y a également une partie de travail qui touche l’évaluation autant celle des apprenants que celle de la solution proposée. Les tests ou les projets pilotes permettent souvent d’amener la formation à un autre niveau et de la rendre plus efficace. Pour les pilotes, on préconise que les apprenants testeurs soient de vrais apprenants pour obtenir une rétroaction très constructive avant de lancer la formation à plus grande échelle. En ce qui concerne les évaluations des apprenants, il est possible de concevoir des évaluations plus « standardisées » pour augmenter la fiabilité des résultats.

Bref, le concepteur de formation est au cœur de tous ces questionnements, de toutes ces démarches et de la conception comme telle de votre formation.  Maintenant, il est temps d’aborder une question qui m’est très souvent posée : « Comment fais-tu pour enseigner des contenus que tu ne connais même pas ? ». J’aimerais tellement me prétendre comme la détentrice de tous les savoirs… mais bon, je pense que vous ne me croiriez pas même si j’essayais très très fort de vous convaincre ! Je vous disais que j’en apprenais beaucoup sur les sujets les plus diversifiés au début de cet article et bien, c’est là que ça se passe. En fait, ça prend une importante capacité d’adaptation et, surtout, une excellente capacité à apprendre de nouveaux contenus rapidement pour être conceptrice de formation, même si je travaille constamment avec ce que l’on nomme dans notre jargon des experts de contenu. Je vous avoue que ce n’est pas donné à tout le monde de faire cette profession comme toutes les professions en fait… Je ne peux aucunement m’imaginer à nettoyer les vitres du 40e étage d’un édifice avec une peur des hauteurs… Non, ce n’est juste pas fait pour moi. Chacun possède ses aptitudes et ses forces ! Ceci dit, revenons aux experts de contenu. En fait, ce sont eux qui détiennent les savoirs, les savoirs-faire et les savoirs-agir à enseigner. Toutefois, je dois quand même me les approprier dans une certaine mesure afin de trouver les meilleures stratégies pédagogiques à mettre en place. Mon travail se réalise donc en étroite collaboration avec eux. Je les accompagne notamment dans la sélection du contenu à enseigner pour atteindre les cibles d’apprentissage que nous avons fixées. Souvent, on a la fâcheuse tendance à vouloir tout enseigner parce que TOUT est important ! Malheureusement, plus on ajoute de contenu qui n’est pas absolument essentiel, plus on a de chances de voir notre apprenant être submergé sous ce flot de contenu… et, oui, il retiendra des choses, mais peut-être juste les anecdotes, les détails superflus et non l’essentiel. On sera donc passé à côté de notre cible et ça, c’est ce qu’on veut éviter quand on vient d’investir plusieurs heures à monter une formation. Si je peux vous donner un petit conseil rapide « Less is more » en formation. Pour arriver à faire le tri de l’information, il importe de fixer les cibles d’apprentissage dès le début du projet et de s’en tenir au contenu qui permet de les atteindre.

Le concepteur de formation est donc assez central dans le processus de création d’une formation. Il assure autant des rôles de coordination, de supervision, de designer ou de concepteur d’outils de formation. Il est multitâche et il est à l’aise de naviguer à travers toutes les étapes de création d’une formation efficace. Pour ma part, en plus de la conception de formations, je suis aussi consultante. J’aime particulièrement ce rôle qui me permet d’accompagner les organisations à différents moments critiques d’un processus de conception de formations. Je peux aussi tout simplement être présente pour les aider à concevoir un plan de formations. En tant que consultante, mon rôle est de rendre l’organisation la plus autonome possible dans la gestion et la conception de ses formations.

À la lumière de toutes les informations que je viens de vous donner, je me doute que vous avez encore plus de questions qu’avant la lecture de mon texte. Ne vous inquiétez pas, ce premier billet se veut plus général pour présenter brièvement ma profession, mais je vous promets que je vous prépare une série de billets pour démystifier le monde de la formation ! N’hésitez pas à m’écrire s’il y a des thèmes en particulier que vous souhaitez lire sur ce blogue. Ce sera un réel plaisir de vous lire !

 

Références :

TÉLUQ (2016).  Perspectives professionnelles. Repéré à: http://ted-fad.teluq.ca/technologie-educative/perspectives-professionnelles/

Association canadienne des concepteurs et des conceptrices pédagogiques (2012) . Conception pédaogique. Repéré à: http://accp-caid.org/CP/CP_description.php

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